Je déteste les avions, et encore plus les aéroports. Tous ces gens qui se dise "au revoir" en pleurant. Moi, je ne peux pleurer. Tout d'abord parce que pleurer est un signe de faiblesse, et ensuite parce que personne n'est là pour moi, personne ne m'a accompagné. Je suis seule. Une seule personne compte à mes yeux maintenant. Jenny, ma meilleure amie. Elle est super avec moi. Nous nous connaissons depuis toutes petites. C'est aussi la seule personne qui peut entendre ma voix. Ma mère est morte quand j'avais trois ans, suite à un accident de voiture. Mon père, quant à lui, je ne l'ai jamais connu. Ensuite, j'ai vécu la plus part de mon temps à l'internat de Paris "St Augustin", qui est un collège/lycée privé pour filles. Dans la rue voisine, il y en a un pour garçons, "Stanislas". Pendant les vacances, je vais chez ma tante qui habite à la campagne, près de Lyon. Dans quelques heures, je serais à Paris.
Un écouteur à la main, et l'autre dans l'oreille, je regarde les gens de l'avion. Ils sont bizarre. Je ne comprend pas comment on peut parler aux inconnus comme ça, si facilement, lorsqu'on ne les connait même pas. Moi, je suis plus renfermer. "Dans mon monde", comme le dit Tante Marion. Mais j'y suis bien. Ici, je connais tout le monde...
- Mesdames et Messieurs, veuillez attacher vos ceintures. Nous allons bientôt atterrir. Nous espérons que vous aviez passer un bon moment en notre compagnie.
Je regarde tout autour de moi. Oui, j'ai peur. Je range mes écouteurs dans ma poche et m'agrippe au siège. Je commence à avoir mal au c½ur et aux oreilles. Je ne supporte ni les avions, ni les manèges à sensations
fortes. Je regarde à travers le hublot et vois l'aéroport. "L'heure des bonjours", comme l'appelle Jenny. Je la verrais ce soir. Les cours commence le lendemain, mais nous avons déjà nos chambres et tout le bazar la veille. J'attends que tout le monde descende, pour descendre à mon tour. Charles est déjà là. C'est l'homme qui s'occupe de moi. On pourrait appeler ça une "nounou", ou un "garde du corps", mais je n'aime pas ça. Ma tante ne veut pas que je sois seule dans Paris, donc il est toujours avec moi. Je ne le connait pas. Je ne lui parle jamais. Je ne parle à personne. Il s'approche de moi, me fit la bise et prit mes valises.
- Bonjour Mlle Hycht, vous allez bien ?
Je fis "oui" de la tête et commence à avancer. Il me suivit tout en parlant.
- Ça va ? Vous n'avez pas eu trop peur dans l'avion ? Moi je ne le prend jamais, j'ai peur qu'il s'écrase.
Comment veut-il que je lui réponde, il le sait très bien. Et puis, ça le regarde en quoi, au juste ? Depuis que ma mère est morte, il s'occupe de moi comme sa propre fille. Je n'aime pas ça. Et puis, j'ai 16 ans, pas 5. On arrive devant un 4x4 noir au fenêtre teintés. Il ouvrit la portière arrière et je montai à l'intérieure. Nous roulons ainsi pendant une bonne demi-heure et arrivons à l'internat. Je vis Jenny accompagné de sa petite s½ur qui est en quatrième, Caroline.
- Oh Lizzie ! Comme tu m'as manqué, tu ne peux pas savoir. Je suis allée voir le tableau des chambres, nous partageons la même. Chambre 208. Tu viens ?
- Oui.
Je ne lui sautai pas au coup. Mais elle s'en fiche. Elle me connait assez pour savoir que je ne fait jamais de geste comme cela. Je ne montre pas mes sentiments. Je reste close, comme de la glace. Elle le sait très bien. Nous entrons dans le bâtiment réservé aux troisièmes et aux secondes. Chambre 208, troisième étage. Arrivées dans notre chambre, nous commençons à ranger nos affaires.
T'as passé de bonne vacances ?
- Bof...
Okay, on ne se parle pas vraiment. Mais on se comprend. On sait ce que pense l'autre. Et c'est ce qui compte.
- Ça ne va pas ?
- Si si.
- Okay. Alors... On a encore une heure devant nous. Donc...on fait quoi ?
- Ce que tu veux, lui chuchotais-je.
- Alors, suis-moi !
Elle rangea son jean dans l'armoire et ouvrit la porte. Je pris mon gilet noir et la suivit. Nous nous dirigeons...Heu... dehors. Oui, dehors.
- Jenny ?
- Oui ?
- On a pas le droit.
- Si, regarde.
Elle me passa une brochure. Je lis les premières lignes et me rendis compte que c'est le nouveau règlement du lycée. Il n'est pas du tout comme les autres années. Je sens que celle-ci va être différente.
- Ils ont tout changé. Suite à la demande des parents, l'année dernière.
- " Tous les élèves de la troisième à la première peuvent sortir le lundi après les cours ainsi que le week-end..." Cool !
Elle sourit et avança. Je la suivit. Et, au loin, je vis la maison où nous allions quand nous étions petites. Enfaite, nous avions 6 ans et la mère de Jenny était venu nous chercher à l'école. Pendant qu'elle parlait avec la directrice, nous sommes allées visiter Paris. Ce qui était une très mauvaise idée... J'ai était privée de voir Jenny pendant toutes les vacances. Les maisons étaient toutes super belles, mais différentes. J'adorais les regarder. J'avais envie de rentrer à l'intérieure et de regarder à quoi elles ressemblaient. Et Jenny c'est approchée d'un maison. Celle-ci était encore plus différente. Elle me faisait... peur. Elle était sombre, mais fascinante. Depuis, nous passons toujours nos vacances d'avril là-bas. Mais cela fait quatre ans que je n'y suis pas retourné.
- La maison...
- ... Des fantômes.
C'est ainsi que nous l'avions nommé. Cela me fit sourire. Nous avions que 6/7 ans. Jenny entra et s'assit les jambes croisées devant la cheminée qu'elle alluma ensuite avec des allumettes et du journal.
- J'aime bien cette endroit, déclara-t-elle.
- Moi aussi.
- Et ce que nous faisions.
- Tu t'en souviens ?
- Je pense...
Tout d'un coup, une image m'apparut dans la tête. Nous deux, dans la chambre du premier étage, une nuit de plaine lune. Je chantais, et elle jouait de la basse. Je tourna la tête vers les escaliers et Jenny me comprit vite. Je montai les escaliers et elle entra la première dans la pièce. La basse était toujours là. Elle avait appris à jouer seule, ici. Comme je l'avais fait avec le piano de la salle à manger. J'avançai et m'étendis sur le lit.
- Je ne veux plus partir.
Jenny pris la basse et se mit à jouer. Je m'endormis à la mélodie... Je me suis réveillée quelques temps plus tard. Jenny dort à côté de moi. Je regarde ma montre et la réveille aussitôt.
- Jenny, Jenny ! Lève-toi ! On doit être à l'internat dans dix minutes. Jenny !
- Trfhhhgrgevdsb.
- Debout !
Elle se leva avec difficulté et on sortit ensemble de "La maison des fantômes", comme nous l'avions baptisé. Nous arrivons dix minutes ou un quart d'heure plus tard au lycée. Tout le monde est dans le hall et Mme Kyste appelle les élèves par classe. La liste de troisième terminée, elle commença les secondes.
- Seconde A : Francesca Abres, Lily Confrores, Kyla Cumpt...
Je ne suis ni dans cette classe, ni dans les secondes B. Jenny non plus n'avait été appelé.
- Seconde D : Carla Blanc, Nelle Bennou... Jenny Franiaud, Monique Guiraud... Lizzie Hycht, Lena Huitric... Valentine Valéro et Justine Xavier.
On est 32 dans cette classe. L'année allée être... Nul. C'est le cas de le dire. Nous nous dirigeons vers M. Moine qui nous donna nos emplois du temps. Il est à peu près comme ça :
N.U.L.
